Séquence "Paysages" en 6ème

samedi 20 septembre 2008
par Jean-Pierre Guéguen
popularité : 21%

Déroulement général

Annotation du 28 mai 2009 : un développement de cette séquence en lien avec le socle commun de connaissances et de compétences et les notions info-documentaires est disponible à l’article intitulé "Réflexion autour du socle commun et des notions info-documentaires en lien avec une séquence de géographie en 6ème".

- 7 heures pour comprendre la photographie et préparer l’exposé.
- 3 heures pour l’oral.
- 1 à 3 heures pour la trace écrite selon le bilan attendu par le professeur d’histoire-géographie.

L’étude des paysages est inscrite dans le programme de géographie de la classe de sixième. La grande diversité des paysages à étudier permet de les répartir entre différents groupes d’élèves. Lors de la présentation orale, chaque groupe aura pour tâche d’expliquer et de faire comprendre à tous les élèves de la classe le paysage particulier qu’il a travaillé, jouant ainsi pour un temps le rôle de "l’expert". La nature particulière du travail qui prend appui sur une photographie à expliquer oblige naturellement l’élève à identifier dans les divers documents mis à sa disposition l’information utile à sa compréhension du paysage. Le copier-coller et le plagiat n’ont aucun sens ici.

Le travail se fait par groupes de deux (classes de 22 élèves, 11 groupes). Une photographie présentant un paysage avec une localisation plus ou moins précise est donnée à chaque groupe. A cela s’ajoute une liste de vocabulaire qui ne sera donnée qu’au début de la quatrième heure. Les photographies sont imprimées en couleur et plastifiées pour être réutilisables d’années en année. A la fin, chaque groupe présente oralement le paysage à toute la classe. Les photographies sont scannées à partir des manuels scolaires ou téléchargées à partir d’internet.

Paysages travaillés

- Riquewihr (paysage rural européen)
- L’Arkansas (paysage rural américain)
- Lyon (paysage urbanisé européen)
- Port de Rotterdam (littoral industrialisé)
- Un village Mossi (paysage rural d’un pays en voie de développement)
- Lagos (paysage urbanisé d’un pays en voie de développement)
- Aappilattoq
- Les mines de Cajaras
- Villageois travaillant la terre dans les Andes
- L’oasis du Souf (paysage rural en zone désertique)
- Houston (paysage urbanisé américain)

Déroulement détaillé

Première heure : description du paysage, repérage des différents plans, formulation d’hypothèses sur certains éléments (une étendue d’eau peut être une mer, un lac ou une rivière).

Deuxième heure : localisation de la photographie à partir des atlas et des dictionnaires principalement, éventuellement à partir d’internet (cas de la ville de Lyon pour laquelle le quartier peut être identifié, ainsi que la tour visible au loin). La localisation du paysage permet parfois de trancher entre les différentes hypothèses (inférences) émises lors de la phase de description.

De la troisième à la cinquième heure : analyse. Une première heure pendant laquelle les élèves tentent de comprendre le paysage essentiellement à partir des éléments trouvés lors de la phase précédente de localisation. Au début de la deuxième heure, le groupe reçoit la liste de vocabulaire. Les élèves doivent bien sûr chercher les définitions, mais aussi, et surtout, s’interroger sur le rapport qu’il y a entre ces termes ou expressions et le paysage de la photographie. Cette liste n’est pas seulement une liste de définitions à apprendre mais doit être considérée comme un élément supplémentaire pour comprendre le paysage. Donner la liste de vocabulaire en début de la phase d’analyse "bloque" la réflexion des élèves qui se limitent à chercher la définition des termes. Sans le vocabulaire, ils peuvent émettre de nouvelles hypothèses, non plus sur la localisation, mais sur l’explication du paysage. Le vocabulaire est bien entendu dépendant de la photographie.

Sixième heure : préparation du croquis sur transparent pour la présentation orale. Ceux qui sont plus rapides peuvent commencer à préparer l’oral au cours de cette heure-là.

Septième heure : préparation de l’oral pour tous les groupes. Un travail important est à faire avec eux pour que les termes de la liste de vocabulaire soient véritablement intégrés dans l’analyse. Leur présentation orale doit montrer qu’ils ont compris en quoi ces termes leur ont permis d’expliquer le paysage.

De la huitième à la dixième heure : oral. L’oral reprend la progression du travail d’explication du paysage. Chaque groupe présente d’abord la photographie sur transparent (préparé par les professeurs) : description, plans, localisation. Lorsque les élèves présentent leur analyse du paysage, ils doivent non seulement donner les définitions des termes mais aussi les intégrer à leur analyse, montrant ainsi qu’ils ont compris en quoi cela leur a permis de comprendre le paysage. Dans l’idéal, les élèves présentent aussi les différentes hypothèses qu’ils ont formulées et comment ils les ont confirmées ou infirmées. Les élèves terminent leur oral en présentant le croquis qui est la synthèse de leur travail. Un moment de questions/réponses est à prévoir à la fin de l’oral.

Intérêt de la séquence au regard des notions info-documentaires

- La notion de document s’élargit au document iconographique qui devient un élément de construction de la connaissance au même titre que les documents "plus habituels" (livres documentaires, pages web, atlas...). Tous ces types de documents sont travaillés ensembles pour en dégager une explication cohérente de la photographie.

- La réflexion de l’élève s’inscrit dans une démarche d’abstraction dans laquelle l’inférence inductive tient la place principale. Partant de la photographie, il doit en identifier les éléments qui permettent de rattacher cette photographie à un grand type de paysage et négliger les éléments anecdotiques. La phase de localisation, en utilisant les dictionnaires ou les atlas, va permettre de vérifier certaines de ces inférences, d’en rejeter d’autres et peut-être d’en conserver quelques unes qui seront, peut-être, vérifiées plus tard. Pour l’élève, "il ne s’agit pas de deviner, mais de relier une observation à une autre, d’interpréter à partir d’une source donnée ; c’est à partir de cette source [qu’il] doit pouvoir justifier son inférence [1]". La photographie, les dictionnaires,les atlas, les sites sont tour à tour des sources possibles d’inférence pour l’élève et des moyens de vérifier leur exactitude. La liste de vocabulaire, donnée de surcroît par le professeur, est perçue comme la réponse définitive à ces incertitudes. Elle ne doit pas être donnée trop tôt pour laisser l’élève proposer des solutions possibles.


[1] Britt-Mari Barth. - L’apprentissage de l’abstraction. - Retz, 2004.


Documents joints

Présentation du travail
Présentation du travail
Vocabulaire associé à quelques paysages
Vocabulaire associé à quelques paysages
Archive ZIP des deux fichiers PDF
Archive ZIP des deux fichiers PDF

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